Oui, à condition de l’utiliser dans les bons contextes. Sur des vignes de pente, des sols détrempés (pommes de terre, pépinières de vignes) ou des parcelles morcelées, le drone évite les dégâts de roues, le tassement et certains déplacements coûteux. Les retours d’essais montrent en général moins de produits, beaucoup moins d’eau et de carburant consommés, avec une efficacité comparable voire meilleure. L’enjeu, pour chaque exploitation, est de comparer ces gains aux coûts du prestataire ou de la flotte interne sur une saison complète.
Non. Tout ce qui est pulvérisé par drone (PPP, engrais, biocides, organismes, même de l’eau) est strictement encadré par l’OFAC et par les autorités compétentes (OFAG, OFEV, OFSP, cantons). Certains produits sont autorisés via des protocoles précis, d’autres ne le sont pas encore, et certains ne le seront probablement jamais en application aérienne. Avant toute campagne, il faut vérifier : le statut du produit, les conditions d’emploi, les distances de sécurité, les zones tampons, et s’assurer que le scénario d’opération (PDRA-S01 ou autre) couvre bien la mission envisagée.
Il n’y a pas de seuil magique en hectares. Sur de très grandes surfaces homogènes et faciles d’accès, le tracteur reste souvent compétitif. Le drone devient particulièrement pertinent dès que la complexité augmente : pentes, terrasses, sols lourds qui se détrempent, parcelles morcelées, zones sensibles à contourner, ou besoin d’intervenir très rapidement dans une fenêtre météo courte. Dans la pratique, ce sont souvent des programmes multi-parcelles (vignes + cultures + prairies) sur une saison qui font ressortir l’intérêt, plus qu’une seule petite parcelle isolée.
C’est possible, mais ce n’est ni un simple achat de matériel, ni un “bricolage” toléré. Il faut : être dans la bonne catégorie opérationnelle (spécifique), respecter les scénarios applicables (PDRA-S01 ou autre), disposer de pilotes formés et qualifiés, mettre en place une organisation (MANEX, procédures, check-lists, maintenance, assurances) et rester en permanence à jour sur le statut des produits et des autorisations. Pour certaines exploitations, le modèle “prestataire externe sérieux + imagerie partagée” reste plus réaliste que l’intégration complète du drone d’épandage en interne.
La première étape n’est pas l’achat d’un Agras, mais la compréhension du cadre : catégorie spécifique, PDRA-S01, exigences OFAC, produits autorisés, zones contrôlées au sol, gestion de la dérive. Ensuite vient l’agrément opérationnel (MANEX, procédures, assurance, gestion des risques) et seulement après, l’investissement dans la plateforme et les capteurs. Le volet agronomique est tout aussi important : cultures, stades, contraintes pratiques des viticulteurs ou agriculteurs. DPS peut intervenir à trois niveaux différents : clarification réglementaire, structuration de l’organisation (MANEX, check-lists, SOP) et formation pratique à l’épandage, pour que le projet soit viable techniquement, économiquement et juridiquement.